Si la victoire de l'Afrique du Sud sur les Tonga (30-25), samedi après-midi à Lens, a officialisé la qualification des Springboks en quart de finale, elle a surtout confirmé le potentiel des Tonguiens, surprenants vainqueurs des Samoa et toujours en course pour s'extirper de la phase de poule pour la première fois de leur histoire. Toujours généreux et physique, parfois insouciant, le rugby des Polynésiens est non seulement un régal pour le public, il s'est montré assez efficace à Bollaert pour faire douter pendant toute la rencontre l'équipe A' sud-africaine et accrocher un point de bonus défensif que n'avait pu espérer l'Angleterre il y a une semaine.
L'inefficacité de Pretorius
Après deux victoires convaincantes au niveau offensif, le sélectionneur sud-africain avait choisi de titulariser les habituels remplaçants samedi. Largement remaniée, cette équipe a été rapidement secouée par les charges de Finau Maka, les coups de pied de Pierre Hola et les placages rugueux de toute l'équipe tongienne. Physiquement supérieurs, dominateurs sur les phases d'impact, les Springboks ne parvenaient à concrétiser autant par la maladresse chronique du buteur Pretorius (quatre échecs sur ses quatre premières pénalités) que les situations mal négociées par les arrières, notamment l'ailier Willemse.
Le physique sud-africain
Au bord de l'asphyxie et du sur-régime, les Tonga étaient finalement surpris par un essai malin de Pienaar (18e) mais ont plié sans rompre jusqu'à la pause (3-7). Le rugby champagne des Polynésiens a pétillé de plus belle au retour des vestiaires et fait tourner la tête des Sud-Africains sur un essai en groupé pénétrant de Pulu (10-7, 44e). Les hommes de Jake White ont repris leurs esprits, bien aidés par l'entrée en jeu des titulaires habituels. La marée verte a paru dès lors inexorable, comme la vague d'essais par Smith (59e), Skinstad (64e) et Pienaar (65e), sur lesquels les placages tonguiens glissaient avec impuissance.
Le sursaut tongien
Apparemment à bout de souffle, les Polynésiens trouvaient encore quelques ressources pour pétiller au sein de la défense sud-africaine où se libéraient des espaces après l'exclusion temporaire de François Steyn (63e) puis Bryan Habana (69e). Les deux essais tardifs de Hufanga et Vaki et une dernière pénalité de Hola ont été certes insuffisants pour renverser le match mais sonnent comme un avertissement à leurs prochains adversaires, les champions du monde anglais. |