Si l'Argentine a démontré grâce à sa victoire contre la France (17-12) vendredi qu'elle avait sa place parmi les grandes nations du rugby, son calendrier prouve que les Pumas ne bénéficient pas encore de la protection offerte aux favoris de la compétition : quatre jours à peine après leur premier match de poule, alors que les Bleus sont encore en phase de récupération, les Pumas vont devoir rechausser les crampons contre la Géorgie mardi soir à Lyon (20h00). L'objectif sera évidemment d'engranger le maximum de points, dont le bonus offensif, dans un groupe D annoncé comme le plus serré du tournoi. «Parmi les grosses équipes, aucune autre ne dispute deux matches avec un intervalle si faible», a critiqué l'entraîneur Marcelo Loffreda samedi.
Agustin Pichot forfait
D'hypothèse de travail, le roulement au sein de l'effectif est devenu une obligation pour la sélection sud-américaine : l'encadrement médical a d'ailleurs expliqué que Roncero, Scelzo, Ignacio Fernandez Lobbe, Manuel Contepomi et Agulla avaient terminé le match contre la France avec des organismes trop fourbus. Ces joueurs figurent parmi les sept hommes ménagés mardi et seront accompagnés en tribune par le capitaine argentin Agustin Pichot, touché aux ischio-jambiers, forfait de dernière minute : «Malgré tous les soins et la récupération qu'il a suivis, ce n'était pas possible de rejouer après trois jours de repos seulement», explique le médecin de l'équipe.
Une Géorgie aux accents français
A Gerland, les Argentins pourront néanmoins compter sur la colonne vertébrale convaincante contre les Bleus, avec l'arrière Ignacio Corleto, le demi d'ouverture Juan Hernandez (photo) et le talonneur Ledesma. Avant d'affronter la Géorgie, tous ces piliers de la sélection ont adopté le même mot d'ordre : «pas de relâchement.» «On se connaît, on peut battre la France et faire un mauvais match derrière», prévient le capitaine Agustin Pichot. Face à eux, les Pumas retrouveront une équipe aux accents français, puisque 27 des 30 Géorgiens évoluent dans des clubs hexagonaux, mais souvent loin du Top 14. Pour autant, les Lelos et leur jeu rugueux, auront du mal à faire mieux que les joueurs de Bernard Laporte, et sont toujours à la recherche de leur première victoire en Coupe du monde. «En Australie, en 2003, c'est comme si nous étions sur une autre planète, se souvient le demi de mêlée Irakli Abuseridze. Nous ne savions pas à quoi nous attendre.» Après le match inaugural du Stade France, les Géorgiens sont dans tous les cas déjà prévenus du coup de griffe des Pumas.
Les équipes :
ARGENTINE : Corleto - Borges, Tiesi, F. Contepomi (cap.), Martin Aramburu - (o) Hernandez, (m) Fernandez Miranda - J. Fernandez Lobbe, Leguizamon, Durand - Albacete, Alvarez Kairelis - Gonzalez Bonorino, Ledesma, Ayerza.
Remplaçants :Vernet Basualdo, Hasan, Lozada, Schusterman, Senillosa, Todeschini, Serra.
GÉORGIE : Jimsheladze - Machkhaneli, Urjukashvili, Giorgadze, Khamashuridze - (o) Kvirikashvili, (m) Abuseridze - Labadze, Udesiani, Chkhaidze - Gorgodze, Zedginidze (cap) - Zirakashvili, Giorgadze, Khinchagashvili.
Remplaçants: Shvelidze, Kopaliani, Didebulidze, Maisuradze, Samkharadze, Gigauri, Shkinin. |