Le Japon sauve l'honneur
Habitué à offrir un jeu offensif vif et attrayant, mais surtout à laisser de grands boulevards en défense, le Japon a enfilé le bleu de chauffe mardi à Bordeaux pour décrocher le match nul face au Canada (12-12) pourtant dominateur dans les fondamentaux du jeu. Rudes en défense, efficaces au plaquage, les Japonais ont mis fin à une série de treize défaites consécutives en Coupe du monde grâce à un essai à la toute dernière seconde de Taira, alors que le Canada va devoir quitter le tournoi sans victoire, pour la première fois depuis 1987, à moins d'une grosse surprise contre l'Australie ce week-end.
Le Japon a tenu le combat physique
Entrés dans le match avec une stratégie claire - s'appuyer sur la domination du pack et les attaques en groupés pénétrants - les Nord-Américains se sont montrés impuissants pendant 40 minutes, malgré une domination manifeste en mêlée, en touche et la multiplication des phases de jeu. Symbole de la stérilité de leurs offensives : Mike James et ses coéquipiers ont été pénalisés trois fois suite à des regroupements dans les 22 mètres adverses, le talonneur Pat Riordan recevant même un carton jaune avant la pause.
Deux passes au pied décisives
Dominés territorialement, les Japonais ont mis à profit une rare incursion dans le camp adverse pour inscrire les seuls points de la première mi-temps grâce un essai de l'ailier Endo (12e) : lancé au ras du pack, il s'extirpait d'un double plaquage adverse et réussissait un cadrage débordement pour aplatir (5-0 à la mi-temps). Revanchard après son exclusion temporaire, Riordan sonnait la révolte canadienne (47e) et concrétisait la domination des avants canadiens (5-5). La résistance japonaise restait intraitable et ne cédait que sur un essai de van der Merwe après une passe au pied astucieuse du demi de mêlée Morgan Williams, désigné homme du match (12-5, 66e). Cet essai réveillait enfin les velléités offensives des Asiatiques qui offraient un festival d'attaques au large dans le dernier quart d'heure, multipliant à leur tour les phases de jeu, les raids près de la ligne, les plaquages in extremis. Comme un miroir de l'essai canadien, la délivrance et l'essai du match nul est venu sur une passe au pied d'Onishi. |