Laurent Bénézech revient sur la présence à l'arrière de Cédric Heymans au coup d'envoi de France-Argentine pour le match d'ouverture de la Coupe du monde vendredi au Stade de France. Il donne aussi sa vision sur la manière dont pourrait se dérouler la rencontre en fonction de la composition de départ.
Que pensez-vous de la titularisation de Cédric Heymans au poste d'arrière pour France-Argentine ?
Cela témoigne de la confiance des responsables dans leurs joueurs et dans la préparation physique qui a été accomplie. Titulariser un joueur dont ce n'est pas le poste, cela veut dire que le staff croit vraiment qu'un garçon comme Heymans, qui est en pleine forme, peut être aussi bon ou même meilleur que Poitrenaud, qui est le seul arrière de métier des trente. De plus, Heymans a montré des qualités remarquables sur les ballons hauts au pays de Galles. Il en tire profit. Son tranchant, sa vitesse, sa puissance, ont fait également la différence dans l'esprit des sélectionneurs.
Il y aura aussi la présence au coup d'envoi de Rémy Martin.
Sa sélection en dit beaucoup sur la physionomie du match envisagée par Bernard Laporte. Il aurait pu se baser sur la conquête en touche avec Harinordoquy et Bonnaire. Il a considéré que ce n'était pas l'arme fatale. Il pense que le combat au près va être primordial et que, dans ce cadre, Rémy Martin, avec son sens du plaquage, sera un complément idéal pour Serge Betsen. L'autre indication sur cette titularisation est que Bernard Laporte compte manifestement sur la récupération à l'occasion des points de rencontre. Avec ensuite un profit maximum de la part des «trois ailiers».
Comment voyez-vous en conséquence le déroulement de ce match ?
D'après cette composition d'équipe, je vois une première heure très âpre, notamment au niveau du combat. Puis je pense que Bernard Laporte pense faire la différence ensuite avec son banc, injecter du sang frais avec des entrées possibles de Dimitri Szarzewski, Sébastien Chabal ou Thierry Dusautoir qui donneront du punch à l'équipe et pourront finir le travail, mettre à mort en quelque sorte le taureau argentin.
Mais le risque est maximum avec les cinq avants sur le banc ?
Si Heymans se blesse, c'est Damien Traille qui le remplace avec David Skrela qui glisse au centre. Mais c'est vrai qu'il y a une prise de risque avec deux joueurs seulement en réserve, un neuf Elissalde, et un dix, Michalak, pour les lignes arrière. De toutes façons, on ne peut pas couvrir tous les postes. Il n'y a pas d'ailier par exemple qui peut glisser au centre. En titularisant Poitrenaud, il y avait la possibilité d'avoir des centres de rechange.
Sur la charnière Mignoni-Skrela ?
Le choix est évident car dans la continuité des six derniers mois. Logique aussi par rapport à leurs performances à tous deux durant la préparation. Il n'était ensuite pas question de mixer les deux paires possibles Mignoni-Skrela et Elissalde-Michalak. On a choisi la vitesse de Mignoni et la sûreté de Skrela en défense. |