L'Argentine a conquis la 3e place du Mondial en battant la France 34 à 10 vendredi au Parc des Princes lors du match de classement.
Les Français se procuraient leur première occasion par David Marty, qui allait à l'essai mais s'écroulait, victime d'une cuillère argentine. Puis l'essai français était aplati mais refusé pour un en avant préalable d'Harinordoquy vers Rougerie.
Les Bleus poursuivaient leur occupation du camp adverse en développant un jeu alerte, fait d'alternance de jeu au près et au large. Les Argentins défendaient avec leur ardeur habituelle, à la limite de la régularité d'ailleurs, mais ne pouvaient empêcher Elissalde de réussir la première pénalité du match (18e, 3-0). La réplique était quasi-immédiate avec une faute française grossière en ruck et l'égalisation des Pumas sur leur première occasion (but de Contepomi, 21e, 3-3).
Juste après, un surnombre bleu se terminait par l'essai de Nyanga en coin, entaché malheureusement d'un nouvel en avant de passe. Puis une passe transversale au pied de Michalak vers la droite terminait dans l'en but argentin, où Rougerie ne parvenait pas à devancer un Puma.
A force de dominer stérilement, les Français se faisaient prendre en contre et, à l'issue d'un mouvement remarquable de fluidité, alternant profondeur et largeur, Felipe Contepomi concluait dans le coin gauche et transformait lui-même (3-10, 28e). Hernandez voyait sa tentative de drop contrée par le poteau, le ballon était récupéré par les Français qui le reperdaient immédiatement dans le regroupement. Hasan se ruait entre les poteaux, soutenu par ses avants et aplatissait, la video confirmait l'essai (3-17).
L'équipe de France semblait d'un coup perdre complètement les bases de son jeu, destabilisée notamment par une mêlée adverse nettement plus technique et efficace. Les Français se compliquaient singulièrement la tache en manquant encore trois essais, dont deux par Nyanga, que des petits riens faisaient capoter de manière absolument rageante. La nervosité gagnait les acteurs et l'arbitre avait bien du mal à contenir les mauvais gestes. Vernet Basualdo et Ibañez récoltaient d'ailleurs un carton jaune juste avant le coup de sifflet de la pause.
La reprise confirmait le scénario de la première période. Les Français avaient toujours de bonnes intentions mais butaient sur des Pumas à l'organisation défensive parfaite et destructrice.
Bruno puis Martin entraient en jeu. Les minutes passaient mais l'impuissance française s'accentuait. Un coup de pied à suivre de Rougerie était récupéré par Corleto qui entamait une course folle entre les joueurs français, pétrifiés, libérait sa balle qui filait de main en main vers la droite pour finir dans celles de M. Aramburu qui marquait le troisème essai des siens (53e, 3-22).
Elissalde laissait sa place à la mêlée à Mignoni. Le jeu bleu se délitait encore un peu plus sous la pression de Pumas qui ne se relâchaient pas un instant, mais cédaient un moment à la nervosité avec un plaquage haut de Leguizamon sur Chabal, qui valait un carton jaune au premier.
Et malgré leur infériorité numérique, et l'entrée en jeu de Chabal côté français, les Sud-Américains ne perdaient jamais leur sang-froid. Mieux, ils poursuivaient leur travail de sape. Une attaque française s'enterrait dans les 22 m adverses, le ballon était perdu, immédiatement exploité et le contre jaillissait à cent à l'heure, pour se terminer par un essai de 80 m, signé Corleto (3-27).
Enfin, une attaque digne de ce nom sortait des mains françaises, et Poitrenaud marquait le premier essai tricolore (69e, 10-27). Les Bleus étaient un peu requinqués mais retombaient vite dans leurs travers. Une énième action bien léchée des Ciel et Blanc s'achevait par un essais de Felipe Contepomi, son deuxième personnel, le cinquième des Argentins, et qu'il transformait encore personnellement (77e, 10-34). |