A deux jours du dernier match de préparation du XV de France contre le Pays de Galles, Bernard Laporte refuse de se projeter déjà dans la Coupe du monde, qui démarre exactement dans deux semaines. Perfectionniste et consciencieux, l'entraîneur du XV de France se félicite de pouvoir encore jauger ses troupes et travailler ses combinaisons.
Le match de Cardiff, il ne le prend donc surtout pas à la légère, même s'il paraît moins passionnant que la double confrontation face à l'Angleterre. Laporte précise : «C'est un dernier match de préparation, qui va permettre à un maximum de joueurs de jouer un peu plus, et donc nous permettre de les voir. C'est très intéressant. On sent les joueurs très concentrés. La compétition démarre dans deux semaines, et les joueurs veulent essayer de gagner leur place ou de se mettre en avant. On veut ressentir que l'on progresse de match en match, et ce quelle que soit l'équipe alignée.» Discours de circonstance, pense-t-on, d'autant que le sélectionneur national ne va pas tancer un match amical prévu par sa fédération. Mais il renchérit en soulignant une nouvelle fois son besoin de jouer ce genre de match : «On prend les matches les uns après les autres, on ne fait pas de planification. Pour l'instant, on travaille sur le Pays de Galles, c'est ce qui nous importe d'abord, l'Argentine, on verra après. Tout m'intéresse dans ce match : revoir les demis de mêlée, Lionel Beauxis en 10, les talonneurs, Chabal en deuxième ligne. Ce match nous permet de repositionner certains joueurs et de leur donner du temps de jeu. Après les trois matches, on fera un bilan avec le staff pour regarder quelle est l'équipe qui doit commencer contre l'Argentine.»
Et puis il ne faut pas oublier non plus que tout n'a pas été parfait contre l'Angleterre, malgré les deux victoires. La conquête d'abord, puis l'efficacité offensive ou le soutien ont parfois fait défaut, et ce sont des détails qu'il faut régler pour tendre vers le match parfait. Laporte ne le nie pas, et dresse une liste honnête des choses à travailler : «A Marseille, on a pas été assez performants sur nos lancements de jeu, notamment en touche. A chaque match sa peine. Le rugby, c'est un combat permanent, et parfois il y a des choses que l'on met place et qui fonctionnent moins bien. Il faut essayer de rectifier le tir. Notre conquête n'a pas assez propre, et quand elle l'a été, les premiers temps de jeu n'ont pas été rapides. Et on laisse trop de points en route.»
L'événement de la rentrée
Face à un adversaire très différent, on attend donc une autre palette du jeu de l'équipe de France, avec sans doute plus de jeu, plus de mouvement. «Le jeu des Gallois est différent de celui des Anglais, et c'est bien, confirme le coach tricolore. Ils déplacent plus le jeu, c'est une équipe qu'on connaît bien., qui fait bouger le jeu, il faudra défendre de manière différente, et s'adapter à l'attaque adverse.» A douze jours du début du Mondial, c'est aussi la dernière occasion de réviser, de tester les schémas de jeu, de se rassurer. C'est aussi un des intérêts de cette ultime rencontre de préparation : «Avant chaque match de rugby, il faut tout revoir. Il faut revoir la mêlée, il faut revoir la touche, la défense, les renvois aux 22 mètres, les renvois aux 50, les combinaisons d'attaque, le jeu au pied, enfin tout retravailler, tout revoir. Il faut refaire les gammes, faire de la musculation pour être solides sur les impacts. Il faut revoir tous les secteurs en permanence.»
Bernard Laporte est enfin revenu sur l'ambiance extraordinaire qui régnait à Marseille samedi dernier, en soulignant que le soutien populaire était très important : «Marseille a été un moment émouvant, avec notamment tous ces gens lors de l'arrivée dans le stade. On sent que l'événement est parti, on a une ambiance puissance dix par rapport à d'habitude au Vélodrome. Ça nous fait prendre en considération qu'il y a un réél engouement autour de la Coupe du monde. C'est l'événement de la rentrée, et tant mieux pour notre sport, c'est bien.» |