Sébastien Chabal est un homme pressé. Devant la presse ou face aux défenses adverses, la nouvelle icône du XV de France n'a pas de temps à perdre et va droit au but. Vétu d'une chemise blanche et d'un jean bleu (loin du traditionnel survêtement), il a expédié les affaires courantes devant la meute de journalistes venus voir le phénomène jeudi midi. Il faut dire aussi qu'il avait un rendez-vous mystérieux à Paris dans l'après-midi. «Je vais chez le coiffeur et le barbier» lâcha-t-il sibyllin devant la curiosité générale. Info ou intox ? «Vous verrez bien demain» rétorqua-t-il. En attendant de voir s'il a a cassé son image (peu probable), on a pu se rendre compte que l'homme n'est pas perturbé par tout ce qui se passe autour de lui. Il préfère se concentrer sur le terrain, et le match capital de vendredi soir.
«Sébastien Chabal, vous êtes titularisé en deuxième ligne contre les Irlandais vendredi soir. Avez-vous été surpris par cette sélection ?
Si j'ai été surpris ? Pas vraiment. Je suis là pour être titulaire. C'est la décision de Bernard et j'en suis très content.
Vous découvrez ce poste de seconde ligne et vous avez rapidement pris vos repères. Comment vous l'expliquez ?
Comme je l'ai dit depuis le début, il n'y a pas grand chose qui change avec le poste de troisième ligne. Aujourd'hui j'ai prouvé qu'en mêlée fermée tout se passait bien et que je pouvais m'adapter. Pour le reste c'est assez semblable. J'ai de bonnes sensations en ce moment. Je pense que je continue d'apprendre au fil des matches. La seule chose que j'apprends vraiment, c'est que le 5 de devant ne fait pas le même métier que le reste de l'équipe. Et là je m'en rends vraiment compte. Aujourd'hui je suis à moitié deuxième ligne et troisième ligne, je suis deuxième ligne et demi.
Vous allez retrouver une seconde ligne de classe mondiale très redoutée, avec notamment Paul O'Connell. Vous redoutez cet affrontement ?
C'est un des meilleurs attelages aux monde. Ils ont beaucoup d'expérience. On a déjà joué l'un contre l'autre. Ils ont une très belle deuxième ligne mais on n'a pas à pâlir. Nous aussi on a notre mot à dire en touche, en conquête.
Comment abordez-vous cette rencontre cruciale ?
Je ne suis pas du genre à me stresser, donc je laisse venir les choses tranquillement. Il faudrait qu'on prenne le point de bonus, c'est sûr. Les Irlandais ont aussi une revanche à prendre. Ca promet d'être un beau match. Aujourd'hui, on a beaucoup de pression. On a tout à perdre mais aussi tout à gagner. Mais je suis confiant, j'espère qu'on va les battre si on met les choses en place. Les Irlandais ont mal commencé leur mondial mais ça reste l'Irlande.
On annonce l'Irlande en plein doute. Vous croyez à cette hypothèse ?
Nous ne sommes pas supérieurs aux Irlandais. Il n'y a pas d'excès de confiance. On va essayer de prendre le match par le bon bout, comme on l'a fait pour la Namibie. On aborde un match très important, on continue à bien travailler, à bien s'entraîner, et on sait que vendredi on pourra gagner.
Comment vivez-vous la fameuse Chabalmania, qui s'étend dans tout le pays, et même ailleurs ?
Je ne veux pas m'étendre sur le sujet. Je suis joueur de rugby, et je veux qu'on parle de l'équipe et de ses performances, c'est ça qui importe.
Mais comment vivez-vous toute cette agitation autour de vous ?
Ça ne me dérange pas, ça va. Tant qu'on parle de rugby, tout va bien.
Qu'est-ce qui a changé entre le Chabal de 2003, remplaçant, et celui de 2007, devenu une des stars de l'équipe ?
Rien, à part le look. J'ai mûri, j'ai pris de la bouteille, c'est tout. En 2003, c'était le Sébastien Chabal frustré. Frustré car notre job c'est pas d'être dans les tribunes et de regarder. J'ai travaillé dur, et j'aiplus d'expérience aussi. Mais j'ai toujours eu confiance en moi.» |