Deux jours après la défaite contre l'Argentine (12-17), l'équipe de France doit maintenant se tourner vers le match contre la Namibie, dimanche à Toulouse. Les Bleus, qui refusent de changer de stratégie, doivent donc réussir à imposer leur jeu. Il faudra sans doute pour cela changer les hommes.
Quelques jours après le traumatisme de la défaite au stade de France, les Bleus tentent de tourner la page et veulent maintenant se focaliser sur leurs trois autres matches dans cette poule D, dans l'ordre contre la Namibie, l'Irlande et la Géorgie. Ils n'ont plus le droit à l'erreur, et doivent même viser le point de bonus à chaque fois pour conserver une chance de terminer à la première place. Il leur faut donc retrouver le jeu qui leur a permis de briller lors des trois matches de préparation ou de gagner le Tournoi. Un jeu basé sur une grosse défense, et un jeu d'attaque rapide. Si la défense a tenu le choc contre les Pumas (l'essai de Corleto est venu sur un contre après une erreur individuelle de Martin), si la conquête a été satisfaisante, c'est dans l'animation offensive que les tricolores ont failli.
Rucks mal négociés
Principale raison de ce fiasco, les libérations de balles, beaucoup trop lentes, et qui n'ont pas permis de lancer les combinaisons. Fabien Pelous le reconnaît sans peine : «On a sorti les ballons tardivement, il faut les sortir plus rapidement. Et on a trop consommé de joueurs dans les rucks. Cela a nui à notre jeu d'attaque.» Il faut dire aussi que les Argentins sont passé maîtres dans l'art de pourrir les libérations de balles, plus ou moins légalement. Or pour déstabiliser les défenses actuelles, très bien organisées, il faut faire gicler les ballons le plus vite possible. Autres conséquences de ces rucks mal négociés, les Bleus ont manqué de soutien sur leur phases offensives. Bernard Laporte avoue : «C'est vrai qu'on a manqué de promptitude dans les soutiens. Il aurait fallu garder le ballon, ne pas s'affoler. On a perdu beaucoup de ballons dans la défense.» La clé sera donc au moins d'accélérer le jeu. Et de revenir aux fondamentaux, en simplifiant le jeu, comme le préconise aussi Frédéric Michalak : «Il faut revenir aux bases du jeu, dès maintenant, à l'entraînement.»
Pour cela, il y a fort à parier que le staff procédera à des changements, notamment dans sa ligne de trois quarts. La charnière Mignoni-Skrela, qui a beaucoup souffert, ne sera de toute façon pas reconduite puisque l'ouvreur parisien est blessé au tendon d'Achille. On peut penser que le duo toulousain Elissalde-Michalak aurait eu quoi qu'il arrive l'occasion de se montrer.
Grande lessive?
Michalak est nettement plus un animateur et un accélérateur que Skrela, et son entrée sur la pelouse du Stade de France avait apporté quelques solutions. De même Jauzion et surtout Dominici ne sont plus intouchables, et pourraient bien sauter. En troisième ligne, le profil coureur devrait être préféré à celui du plaqueur-gratteur, et Dusautoir, Nyanga ou Bonnaire sont alors plus adaptés que Martin ou même Betsen. Bernard Laporte entrouvre la porte à une grande lessive, avec ces mots lourds de sous-entendus : «Il y a trente joueurs, et la concurrence va battre son plein. Même si on avait gagné, la concurrence aurait joué. Ça fait partie de la vie du groupe, que tu perdes ou que tu gagnes, la concurrence existe. Mais il n'est pas question de dire aux joueurs qui ont été défaillants : vous ne comptez plus, vous n'existez plus.» Les perdants du match d'ouverture seront toutefois rapidement identifiés, dès mercredi matin lors de l'annonce de l'équipe pour le match contre la Namibie. |