Raphaël Ibañez, capitaine noyé dans la tempête, assume les erreurs et relève la tête avant d'affronter la Namibie.
«Raphaël Ibañez, le week-end a-t-il été salvateur après la douche froide de vendredi soir ?
Il a fallu quelques heures et quelques nuits pour digérer l'échec. Mais il était hors de question de trop s'appesantir sur la défaite. Il fallait se remettre d'aplomb pour repartir au combat.
Comment avez-vous réagi ?
Il n'était pas question que les uns et les autres restent seuls dans leur chambre à ruminer. Ce qui compte c'est le groupe. De suite le soir du match, j'ai pris le contre-pied de suite. On a déjà mené une réflexion immédiate sur le match entre nous dans la nuit, puis avec les entraîneurs. L'essentiel étant de mesurer si la motivation est toujours intacte. Après une telle claque, on a besoin de se retrouver ensemble. C'est ce qu'on a fait.
Y'a-t-il des mises au point à l'intérieur du groupe ?
Après une telle défaite, on remet tout en question. On a eu trois jours pour tout remettre à plat.
La faillite des leaders, dont vous faites partie, a été incriminée sur ce match. Quel est votre sentiment ?
La remise en question personnelle est la première des choses. A l'issue de ce match, j'ai d'abord râlé après moi, parce que je ne l'ai pas vu venir et je l'ai pris en pleine gueule (sic)! A certains moments, j'ai peut-être laissé trop faire, notamment à la mi-temps ou après le match. Mais j'avais déjà beaucoup parlé avant la rencontre. Aujourd'hui, j'ai surtout envie d'être plus incisif. Malheureusement, devant on du boulot face aux Argentins qui devaient nous éclater en conquête. J'aurais peut-être dû en faire plus en tant que capitaine, rassembler les mecs ! Mais l'équilibre d'une équipe est fragile et il est dur à trouver.
Certains de vos coéquipiers n'ont pas hésité à dire que le XV de France s'était vu trop beau. Partagez-vous leur avis ?
Non, pas du tout. Effectivement, nous étions en confiance, parce que notre préparation avait été bonne, les tests avaient été bons, donc il n'y avait pas de raison de s'inquiéter outre mesure et notamment au niveau du mental. J'avais levé les doutes sur ce point pendant les matches amicaux.
Quelles sont les perspectives ou les objectifs aujourd'hui ?
On a trois gros matches à gagner pour sortir de la poule. Il n'y a plus rien à calculer. Il y a d'abord les Namibiens qui ont fait un bon match. Ils ont posé de sérieux problèmes aux Irlandais. On aura beaucoup de respect pour eux. Maintenant, j'ai mon idée quant à la manière d'aborder les prochains matches. Un événement comme la Coupe du monde en France, je n'ai pas envie de passer à côté. Or cette semaine, on a pris conscience que l'événement pouvait continuer de se dérouler aussi sans nous.
La préparation d'avant match a paru curieuse. On pense à la lecture de la lettre de Guy Môquet par Clément Poitrenaud, quelques heures avant le match. Etait-ce une mauvaise idée parmi d'autres ?
C'est la première fois que l'on entendait cette lettre. Mais sincèrement, depuis des années, le XV de France a l'habitude d'utiliser des ressorts de son histoire et des valeurs de la patrie pour se motiver.
A quoi ressemble la vie à Marcoussis depuis que la sérénité est un peu revenue ?<:b>
Tout le monde est concerné et personne n'a envie de revivre un week-end comme celui-ci. Aujourd'hui, une semaine d'entraînement redémarre. Mais je ne suis pas certain que l'on changera quelque chose dans notre mode de préparation. » |