Olivier Magne, revient sur la défaite de l'équipe de France contre l'Argentine (12-17). L'ancien troisième-ligne du XV de France pense que la tactique employée par les Bleus n'a jamais fonctionné et que la solution pour franchir ce premier tour passe désormais par une libération du jeu. Pour lui, rien n'est perdu.
«Olivier, que s'est-il passé ? Comment cette défaite française a-t-elle pu se produire ?
La faute aux Argentins qui ont pris le match à leur compte d'entrée de jeu. Ils ont réalisé un premier quart d'heure incroyable, en passant la majeure partie du temps dans notre camp. Les Français n'ont pas pu mettre la main sur le ballon. Et en échange ceux-ci, les rares moments où ils l'avaient, le redonnaient par des fautes ou des coups de pied mal dosés.
Les tactiques de chacune des équipes étaient claires. Comment les Pumas ont-ils réussi à mystifier les Bleus ?
Les Français avaient décidé d'être présents physiquement comme lors des matches de préparation. Défensivement, dans la conquête. Et de contrer au sol pour aller chercher des ballons. On a un petit peu oublié de jouer, tout simplement. Cela a complètement satisfait les Argentins qui, avec leur charnière incroyable, ont très bien joué le coup. Ils ont de surcroît mis la pression au pied, ralenti le jeu quand il le fallait. Ils ne se sont pratiquement jamais exposés. Et à la sortie, au jeu d'échecs je dirais, ce sont les Argentins qui ont gagné.
Y-a-t-il eu des faillites individuelles côté français, ou une failite collective ?
La faillite, elle est dans la donnée tactique. Je comprends les choix de Bernard Laporte avant ce match d'ouverture qu'il voulait absolument gagner. Mais l'équipe de France, à mon avis, a joué contre nature. Les Français ont des qualités énormes, surtout derrière, et ils ne les ont pas fait parler. Cédric Heymans n'a pas été le Heymans du Stade Toulousain. On ne l'a vu que pour les deux dernières minutes où ses jambes étaient enfin libérées. Même chose pour Yannick Jauzion. Nos joueurs ont évolué un peu contre nature. Il ne faut pas je crois tirer sur les individualités. C'est la tactique qui n'était pas adaptée.
Quelles solutions pour cette équipe qui a pris un gros coup sur la tête ?
La solution, elle passe justement par ce coup de marteau sur la tête. Je suis persuadé que cela va complètement décomplexer ce groupe. Et vous verrez que dès les prochains matches comme le 16 septembre contre la Namibie, l'équipe jouera comme elle doit le faire. En portant le ballon, se faire plaisir, marquer des essais, enfin. Finalement, cette défaite a sans doute été pour moi un vaccin. Rien n'est perdu, tout est encore possible.» |