«Les Blacks ? Tout le monde s'en fait une grosse montagne, mais c'est une équipe comme une autre, voilà. On a l'habitude de jouer des matches de haut niveau. C'est un match comme les autres.» Le ton est donné. Le choc des quarts de finale entre la France et la Nouvelle-Zélande a beau être dans trente-six heures, le deuxième ligne tricolore, Jérôme Thion, affiche une sérénité à toute épreuve.
Un serre-tête dans les cheveux, une magnifique moustache qui confirme sa participation au gang du même nom, en short et en claquettes, il n'a pas l'air très inquiet à l'idée de défier les favoris All Blacks.
L'histoire des maillots ? «On va jouer avec des maillots et des shorts, après que l'on soit en blanc, en rose ou en vert, peu importe du moment qu'on joue ce match.»
Rien ne semble donc venir perturber la force tranquille du Biarrot, titulaire indiscutable à droite de la deuxième ligne, en partie grâce à sa puissance de poussée en mêlée fermée. Alors que l'agitation grandit en France et surtout dans les médias, les Français semblent complètement déconnectés dans leur hôtel de Cardiff.
Ils refusent en tout cas de se mettre une trop grande pression, un travers qui leur avait coûté cher contre l'Argentine. Thion explique : «On n'a pas une pression supplémentaire à se mettre parce qu'on joue les Blacks. C'est un quart de finale, il faut absolument gagner ce match, c'est tout.»
C'est tout, mais on peut compter sur l'homme pour ne pas se défiler samedi soir, et il montre d'ailleurs presque une certaine impatience à l'idée de se frotter aux Néo-Zélandais : «C'est une équipe qui est très complète, tous les joueurs peuvent vraiment faire la différence. On a vraiment à coeur de faire une grosse prestation, surtout nous devant. On a gros challenge à relever, en touche, en mêlée, ce sera primordial d'avoir un ballon.»
Bref, il est temps de répondre sur le terrain, et de montrer que la France a de quoi calmer la confiance des Blacks. Et qu'on ne s'y trompe pas, la détermination est immense chez Thion, qui a tout de même conscience de la portée de l'évènement : «Je suis très heureux de les rencontrer. Ce match doit être pour nous un premier pas pour arriver au titre suprême. C'est le fruit de quatre ans de travail, et c'est un grand honneur pour nous de jouer ce match, et il ne faut vraiment pas se louper.» |