Cette fameuse « fébrilité » qui a assailli le XV de France, dominé (17-12) par l'Argentine, est au coeur de toutes les interrogations. Juste après la défaite, Damien Traille ne se cache pas derrière des faux-semblants pour expliquer l'échec, mais il a encore du mal à mettre des mots sur la défaillance des Bleus. Le centre insiste maintenant sur l'importance de « rester solidaires ».
«Damien Traille, quel sentiment prédomine ?
Il va falloir digérer. Cela va être difficile. La semaine va être longue sachant qu'on joue dimanche. On va avoir le temps d'analyser, de travailler pour montrer un autre visage qu'aujourd'hui (vendredi).
Est-ce la pression de l'événement qui vous a rendus fébriles ?
Peut-être. Pourtant lors des trois matches de préparation, on était sereins, on avait de la confiance. On avait peut-être trop de confiance. C'est vrai qu'aujourd'hui l'équipe de France a connu beaucoup de fébrilité par rapport à nos derniers matches.
L'avez-vous senti venir cette fébrilité ? Juste avant dans les vestiaires par exemple.
Non. On sentait dans la semaine qu'il y avait un peu de tension qui arrivait parce que c'est un événement majeur. Malheureusement, la fébrilité est arrivée aujourd'hui (vendredi), le jour où il ne fallait pas.
Il va falloir l'analyser. Beaucoup de monde attendait l'équipe de France. Après les matches de préparation, tout le monde voyait l'équipe de France très belle. Maintenant, tout le monde va peut-être nous mettre des bâtons dans les roues. Cela fait partie du sport. C'est à nous de rester solidaires dans le groupe pour bien préparer les matches à venir.
Que vous a dit Bernard Laporte à la mi-temps ?
Il y a des choses qui doivent rester entre nous. Entre joueurs, on s'est dit qu'il y avait huit points d'écart et que sur ces huit points, il y avait un essai sur une interception alors que nous avions le ballon, il y avait six points de pénalité où nous avions commis des fautes.
Vous attendiez-vous à ce type de match de la part des Argentins ?
On savait qu'ils n'allaient rien proposer, qu'ils n'allaient taper que des chandelles. Ils nous ont mis sous pression et nous n'avons pas su renverser cette pression.
En début de deuxième période, vous ne concrétisez pas votre domination. Est-ce que cela a été un tournant dans le match ?
Peut-être. On est à deux doigts de marquer un essai et finalement on prend une pénalité contre nous. On se retrouve dans nos cinquante mètres. Malheureusement, on n'a pas été assez présents au soutien. Petit à petit, on voyait qu'on n'arrivait pas à marquer.» |