Après un Ecosse - Roumanie disputé au ras, mardi dans le groupe C (42-0), il est possible que le pays de Galles - Japon programmé jeudi à Cardiff (21 heures) offre un spectacle exactement inverse, fait de vitesse, de prises d'espace et de chevauchées. Le Japon a déjà donné lors de son formidable match contre les Fidji (31-35). Les Gallois, chez eux, ont frôlé contre l'Australie, par éclairs en deuxième mi-temps, l'essence d'un Welsh Way qui l'a conduit au Grand Chelem en 2005. L'un contre l'autre, ça pourrait faire tourner le compteur... L'équipe de Gareth Jenkins, favorite pour accéder aux quarts de finale (probablement contre l'Afrique du Sud), a deux matches à gagner pour réussir ce qui serait le strict minimum dans cette Coupe du monde.
Chez elle, au Millenium, sa marge d'erreur est nulle contre le Japon de John Kirwan, virtuellement éliminé après deux défaites. Le XV asiatique n'a jamais battu le pays de Galles en six matches. Il avait pris un 98-0 la dernière fois, à l'automne 2004... Le pays de Galles, en attendant son match décisif contre les Fidji, s'est assigné un devoir contre le Japon : rafler la note artistique et se rassurer sur sa capacité à livrer un match plein. «On se tue nous-mêmes» s'est emporté samedi le capitaine du Poireau, Stephen Jones (photo), en référence aux entames diesel de son équipe, dramatique contre le Canada (42-17 finalement) et fatal contre l'Australie. «On doit absolument arrêter de se retrouver sur le reculoir lors des entames de match et garder de la continuité dans notre performance, demande-t-il à ses équipiers, après avoir lui-même souffert dans ses tentatives face au poteau, puis relâché une chandelle lors du quatrième essai australien. Contre les Wallabies, c'est seulement sur la fin que nous avons joué ce rugby d'attaque contre lequel il est très difficile de défendre. Il va nous falloir combler cette faiblesse, sérieusement et rapidement. On doit apprendre à jouer 80 minutes et à jouer tous dans le bon tempo. Il s'agit juste de commencer les matches !»
Jones fait partie des cinq joueurs à avoir conservé leur place par rapport au match contre l'Australie (avec Charvis, J. Thomas, Wyn-Jones et S. Williams). En procédant à une telle lessive, l'entraîneur gallois aura voulu reposer quelques organismes, mais aussi faire passer un message aux lents de son équipe. «A la mi-temps, nous avions dressé le constat que nous valions mieux que ce que nous avions produit, dit-il à propos de la défaite contre l'Australie. Ensuite, nous avons créé un certain chaos dans la défense australienne, la deuxième équipe du monde. Nous avons quelque chose à apporter à ce tournoi, nous l'avons prouvé, au moins à nos yeux si ce n'est pas aux yeux des autres.» Jenkins joue gros. Malgré un début de mandat décevant, il n'a rien changé au contenu de sa mission. «De mon point de vue, je ne vois pas pourquoi le pays de Galles n'aurait pas les moyens de gagner la Coupe du monde.»
PAYS DE GALLES : Morgan - James, Robinson, Hook, Shane Williams - (o) Stephen Jones (cap.), (m) Phillips - Charvis, Popham, Jonathan Thomas - Alun-Wyn Jones, James - Horsman, Rhys Thomas, Duncan Jones.
JAPON : Nishiura, Matsubara, Soma - Ono, Thompson - Makiri, O'Reilly, Miuchi (cap.) - (m) Yoshida, (o) Robins - Onozawa, Onishi, Imamura, Endo, Loamanu. |