Jouer contre les All Blacks est motivant. Survoltant. Un honneur même, pour reprendre les mots de Pierre Berbizier, l'entraîneur de l'équipe d'Italie. Jouer contre les All Blacks pour ouvrir son tournoi de Coupe du monde l'est encore plus. Le hic, c'est que les Italiens joueront, a priori, leur qualification en quart de finale lors du dernier et quatrième match de poule contre l'Ecosse après avoir enchaîné trois matches en onze jours...
Le goût de ce hors d'oeuvre néo-zélandais sera donc vraisemblablement un brin amer, même si le capitaine Marco Bortolami assure que la Squadra Azzurra «veut jouer un match de rugby et pas regarder» l'adversaire. Comment se donner à fond avec la perspective de ce marathon (pour le coup, même le Portugal comptera, au moins, comme facteur d'usure) ?
Et comment refréner l'envie de se mesurer à ce que Berbizier a appelé «certainement la meilleure équipe au monde depuis deux ans», après le beau Tournoi 2007 et la récente très courte défaite en Irlande ? Car Bortolami le dit aussi, «la Coupe du monde arrive lors d'une période très positive pour nous, nos deux victoires dans le Tournoi, nos deux mois d'entraînement et ce match où nous rivalisons avec l'Irlande, une équipe qui vise la finale. Donc pourquoi ne nous serait-il pas permis d'envisager un quart de finale ? Il y a de la confiance et de l'expérience dans ce groupe, dont l'objectif est clairement la qualification», a ajouté le deuxième ligne.
Quelques minutes plus tôt, Berbizier avait, lui, joué l'évitement, refusant d'expliquer sa stratégie : impasse ou pas impasse lors d'un match perdu d'avance compte tenu de la suite du programme ? «Il va falloir d'abord passer les deux premiers matches contre la Nouvelle-Zélande et la Roumanie pour savoir où nous en sommes, notamment physiquement», a-t-il répondu, avant de lâcher quand même : «Nous allons essayer de montrer que les All Blacks ont des faiblesses, s'ils en ont... Mais, si malgré la stratégie mise en place, ils continuent à être imprévisibles, le match sera long et dur pour nous. On sait leur capacité, grâce notamment à leur banc, à jouer 80 minutes de très haut niveau.»
Ce mercredi soir, tout juste arrivés à Marseille, les Italiens, par la voix de leur capitaine, envisageaient de «défier les Néo-Zélandais partout», en se basant sur la conquête et la défense. La composition de l'équipe de départ donnée ce jeudi midi dira si telle sera vraiment la stratégie adoptée. |