
Murrayfield sur des chardons ardents
104 000. Le stade de Murrayfield peut s’enorgueillir de détenir un record : celui de l’affluence pour un match de rugby. En mars 1975, le XV du Chardon domine le Pays de Galles, alors en plein âge d’or, d’un souffle (12-10) dans une arène qu’on imagine sans peine rugir de bonheur. Ce record a d’autant moins de risque de tomber que, peu de temps après, les instances écossaises décidaient de réduire la voilure de leur vaisseau. Finis les rêves de grandeur. A l’image des stades construits ces dernières années, Murrayfield et ses 67 500 places s’est adapté à une logique sportive et économique.
Un Grand Chelem comme inauguration
Si la première rencontre internationale de l’Ecosse date de mars 1871, il faut néanmoins attendre 44 ans et l’année 1925 pour la voir évoluer dans ce qui est devenu son antre. Construit sur un terrain ayant appartenu au Polo Club d’Edimbourg, Murrayfield est inauguré par une victoire chargée de symbole. Après avoir battu la France pour leur dernière apparition à Inverleith - leur pelouse fétiche depuis 1897 - le Pays de Galles puis l’Irlande, les Ecossais offrent à leur 70 000 supporters le premier Grand Chelem de l’histoire du pays en venant à bout de l’Angleterre (14-11). Les deux autres triomphes se sont fait attendre jusqu’en 1984 et en 1990 même si le « Flower of Scotland », chant érigé au rang d’hymne national non-officiel, est descendu des tribunes pour célébrer d’autres victoires, dont le Tournoi en 1929. Cette même année, Sir David McGowan, un ancien président de la fédération, fait dont d’une horloge, laquelle domine aujourd’hui la tribune est.
Douze ans de travaux
Le programme de rénovation débuté en 1982 s’est achevé douze ans plus tard, en 1994. Intégralement couvert, le nouveau Murrayfield a été le théâtre de quelques déconvenues pour ses visiteurs : la France en 1984, 1986 et 1988, l’Angleterre en 1990 et en 2000 puis l’Irlande en 2001 ont trébuché sur la dernière marche menant au Grand Chelem. La Coupe du Monde y a également fait étape en 1999 avec notamment un quart de finale remporté par la Nouvelle-Zélande aux dépens de l’Ecosse (30-18). Enfin, en 2005, le Stade Toulousain y a soulevé la troisième Coupe d’Europe de son histoire au grand dam du Stade Français, terrassé au terme de la prolongation (18-12). A Murrayfield, le suspense est souvent de mise. |