
Gerland, le jardin des Gones
Inspiré des stades de la Rome Antique lors de sa conception, Gerland impressionne ses visiteurs, comme avant eux le furent les gladiateurs entrant dans l’arène. Et pour cause : le maître des lieux, l’Olympique Lyonnais, règne sans partage sur le football français depuis quelques années et lorgne désormais sur l’Europe. Pour ses adversaires, ce déplacement n’est jamais un voyage d’agrément, en dépit des quatre immenses portes néoclassiques classées monument historique qui marquent l’entrée du stade. Elles sont l’oeuvre de l’architecte Tony Garnier, mandaté au début des années 1910 par le maire Edouard Herriot pour doter Lyon d’un espace sportif dans la perspective de l’exposition universelle 1914. Une guerre et plus d’une décennie plus tard, ce même Edouard Herriot inaugure une enceinte dotée d’une piste d’athlétisme et d’un vélodrome.
1998 : nouveaux virages
Il faut attendre 1950 pour que l’OL y prenne ses habitudes et le milieu des années 60 pour que la fièvre gagne les bords du Rhône, avec les victoires en Coupe de France de Fleury Di Nallo et des siens (1964, 1967, 1973), l’incontournable derby contre le voisin Saint-Etienne ou encore le premier match de l’équipe de France face à l’Espagne (1967). L’Euro 84 en France marque la disparition du vélodrome et le rapprochement de la pelouse des tribunes latérales. Quant à la Coupe du Monde 1998, elle a donné l’occasion à l’architecte Albert Constantin de remodeler les virages en les couvrant d’une structure métallo-textile de 4 300 m² chacun. Depuis, les « Gones », surnom donnés aux Lyonnais, collectionnent les titres de champions de France (2002 à 2006).
Le rugby comme résident permanent ?
L’ombre de l’OL n’empêche pas les rugbymen de décocher quelques chandelles au-dessus de Gerland. Le XV de France y a livré quelques test-matchs, le dernier en 1997 face à l’Afrique du Sud s’étant soldé par une défaite (32-36). Cinq finales de championnat s’y sont également disputées entre 1957 et 1972. Peu représenté dans l’élite, le rugby rhône-alpin se rassemble derrière le CS Bourgoin-Jallieu qui a pris l’habitude de disputer ses rencontres de phases finales à Gerland (ce fut le cas en 2004 pour sa demi-finale face au stade Français), distant d’une cinquantaine de kilomètres. Ce dernier pourrait être uniquement dédié au rugby dans quelques années si le LOU (Lyon Olympique Universitaire qui évolue en Pro D2) devenait le club résident, l’OL étudiant la possibilité de se doter d’une enceinte plus grande. Une chose est sûre, à l’automne 2007, Gerland respirera le rugby. |