
Le Vélodrome sous l’œil de la Bonne Mère
A Marseille, le football est une religion. Autant dire que l’OM (pour Olympique de Marseille), l’emblématique club de la cité phocéenne, relève du sacré et suscite les passions. Son stade fétiche, le Vélodrome, fait quant à lui office de sanctuaire sur lequel veille la basilique Notre-Dame de la Garde, dit la « Bonne Mère ».
L’histoire de ce dernier, entamée avec son inauguration en juin 1937, est jalonnée d’exploits et de scènes de liesse populaire allant jusqu’à embraser le Vieux Port et sa célèbre avenue de la Canebière. Avec dix titres de champion, autant de Coupes de France et une Coupe d’Europe, les occasions n’ont pas manqué. Au début des années 70, le duo Skoblar-Magnusson fait se pâmer le Vélodrome, rénové une première fois (36 000 places) mais toujours doté de sa piste cycliste. Presque vingt ans plus tard, l’OM écrit les plus belles lignes de son palmarès dans un « Vél » devenu un enfer pour ses adversaires : on se souvient notamment des Papin, Waddle et consorts offrant à un public en transe la tête du grand Milan AC en 1991 avant que Deschamps, Boli et les autres ne lui ramènent la Coupe d’Europe deux ans plus tard.
Après la gloire, le Mistral
D’aucuns estiment toutefois que le Vélodrome n’est plus animé d’une ambiance aussi assourdissante depuis 1998 et sa transformation avant la Coupe du Monde de football. Ce même événement avait précipité la finalisation d’un projet de stade amorcé en 1918 et finalement adopté en 1933. Soixante ans plus tard, la capacité de l’enceinte olympienne a été portée à 60 000 places, (trop) souvent balayées par le Mistral soufflant dans la région. La pose d’un toit ainsi qu’un nouvel agrandissement (80 000 places) constituent les prochaines étapes de son développement. Histoire, si besoin en était, de faire monter encore l’ambiance...
Laissez le charme agir
Mais depuis quelques années, l’OM n’est plus la seule à faire rugir le Vélodrome. En novembre 2000, le XV de France a découvert la magie du lieu - comme avant lui les Bleus de Michel Platini lors de l’Euro 84, victorieux du Portugal (3-2) au terme d’une demi-finale époustouflante - en dominant la Nouvelle-Zélande (42-33). L’Australie (14-13), l’Afrique du Sud (30-10) puis l’Angleterre (17-16) ont chuté tour à tour sur cette même pelouse en l’espace de trois ans. Au contraire des Pumas Argentins qui s’imposaient (24-14) en 2004. On croyait le charme rompu avant qu’une nouvelle victoire sur l’Australie (26-16), cet automne, ne redonne au Vélodrome son allure de forteresse imprenable. |