
La Beaujoire attend son heure
Sept ans. C’est le temps que le stade de La Beaujoire a attendu avant de s’extasier à nouveau pour le XV de France. Face au Canada, en novembre dernier, les Bleus ont retrouvé une pelouse qu’ils avaient déjà foulée en 1998 lors d’une victoire (34-14) face à l’Argentine. Six ans plus tôt, ils avaient reçu un coup de griffe de ces mêmes Pumas (victorieux 24-20). Le principal fait d’armes des Tricolores, parmi les sept rencontres qu’ils ont disputées dans le jardin habituellement dévolu aux Canaris du FC Nantes Atlantique, reste néanmoins une victoire sur la Nouvelle-Zélande (16-3) en 1986.
Les Canaris contre les Verts
On l’aura compris, le stade de la Beaujoire est avant tout consacré aux performances des footballeurs nantais -les Canaris donc, en référence au jaune de leurs maillots - depuis son inauguration en 1984. La plus récente des enceintes françaises, après le Stade de France, à accueillir la Coupe du Monde de Rugby 2007 voit le jour pour répondre à deux besoins : celui d’un pays chargé d’organiser le championnat d’Europe 1984 et celui d’un club confronté à un succès populaire grandissant. Rivaux historiques des Verts de Saint-Etienne dans les années 70, avec trois titres nationaux glanés entre 1972 et 1980, les Nantais quittent donc le vétuste Marcel-Saupin pour une arène de près de 53 000 places. Avant même d’y disputer leur premier match de championnat, ils assistent au triomphe de la France, guidée par un Michel Platini impérial (3 buts) vers le titre de champion d’Europe 1984, face à la Belgique (5-0). Avec un record d’affluence (51 000 spectateurs) à la clé, la Beaujoire-Louis Fontenau (président du club de 1969 à 1986 et ardent défenseur du projet) construit déjà sa légende.
Moins de places, plus de confort
Certes, quelques nostalgiques regrettent le temps où les Amisse, Bossis, Halilhodzic et autres Canaris faisaient se lever les tribunes de Marcel-Saupin et trembler leurs adversaires. La Beaujoire leur a toutefois offert plusieurs scènes de liesse populaire : en 1995, année du 7e titre ou en 1996 à l’occasion de l’épopée en Ligue des Champions achevée en demi-finale face à la Juventus de Turin. Le stade a également gagné en confort depuis sa rénovation avant la réception de 6 rencontres de la Coupe du Monde 1998 : 15 000 sièges sont installés tandis que la suppression des places debout ramènent la capacité totale à 38 285 spectateurs. Que les supporters nantais se rassurent : ils ne devront pas attendre à nouveau sept ans pour frémir au rythme des placages et des percussions. La Coupe du Monde est si proche... |