
Le Parc des Princes : un mythe
Pendant un quart de siècle, de 1972 à 1998, le Parc de Princes fut l’antre des équipes de France de football et de rugby qui y écrivirent quelques unes des plus belles pages de l’histoire du sport français. Il fait désormais partie du cercle très fermé des stades devenus mythiques, autant pour les exploits dont il a été le témoin que pour sa réputation d’arène bouillonnante, parfois même étouffante pour les adversaires des Tricolores. Loin, très loin du calme qui en faisait un parc, dans le Bois de Boulogne, crée par Louis-Philippe et réservé par la suite aux récréations princières.
Première finale du championnat en 1902
Avant d’être rénové et inauguré, dans sa configuration actuelle (48 527 places), le 4 juin 1972 à l’occasion de la finale de la Coupe de France de football remportée par Marseille aux dépens de Bastia (2-1), le Parc des Princes prit les atours d’un vélodrome de 20 000 places édifié en 1897. Six ans plus tard, le premier Tour de France de l’histoire s’y acheva. Entre temps, le rugby y avait déjà fait ses premiers pas avec la finale du championnat entre le Racing Club de France et le Stade Bordelais (6-0) le 23 mars 1902, puis la rencontre entre la France et la Nouvelle-Zélande (8-38) le 1er janvier 1906. Néanmoins, le Parc des Princes était encore loin d’être le jardin des Bleus qui lui préféraient le stade de Colombes et ce, en dépit d’une première rénovation, en 1931, qui lui permit d’accueillir deux matches de la Coupe du Monde de football 1938.
Un quart de siècle d’exploits
Ce n’est donc qu’à partir du milieu des années 70 que le Parc construisit sa légende, à coup de victoires mémorables, tel le sacre européen de la bande emmenée par Michel Platini le 27 juin 1984. Le XV de France, lui, s’y installa à partir de 1973 (défaite inaugurale face à l’Ecosse 13-16) et y remporta le Tournoi des V Nations à sept reprises. Pour beaucoup de joueurs, « aller au Parc » pour y conquérir le Bouclier de Brennus constituait l’apothéose d’une carrière. En mai 1974, le Béziers de Richard Astre dominait le Narbonne des frères Spanghéro (16-14) lors de la première finale du championnat de France disputée porte d’Auteuil depuis 1946. 23 ans et autant de finales plus tard, le Stade Toulousain effectuait le dernier tour d’honneur du champion... une sortie plus joyeuse que celle du XV de France, balayé 52-10 par l’Afrique du Sud en novembre 1997, pour ses adieux au Parc.
Supplanté par le Stade de France® depuis la Coupe du Monde 1998, ce dernier reste le repère du Paris Saint-Germain, club résident depuis 1973. Ce qui n’empêche pas le rugby d’y faire quelques incursions lors des rencontres de prestige du voisin du Stade Français, comme lors de la finale de la Coupe d’Europe contre Leicester en 2001. En attendant 2007 et les cinq rencontres de la Coupe du Monde, dont la Petite Finale, qui s’y disputeront. Comme aux plus grandes heures du ballon ovale. |