
Stade de France : la cathédrale de lumière
Tous les superlatifs ont été employés pour définir le Stade de France® depuis ce fameux 12 juillet 1998 et la victoire de l’équipe de France de football en finale de la Coupe du Monde. Rien d’étonnant pour une enceinte devenue, quelques mois seulement après sa construction, plus qu’un symbole de victoire pour le sport français : un véritable monument national. Car non contente d’accueillir quelques-unes des plus grandes compétitions internationales, l’arène dionysienne est aussi une vitrine technologique et architecturale. Cette « cathédrale de lumière », ainsi que l’ont imaginée ses architectes (Macary, Costantini, Zublena et Regembal), est une ellipse auréolée d’un toit flottant à 42 mètres au-dessus de la pelouse. Une impression visuelle rendue possible par 18 aiguilles en acier traversant le toit sans le toucher.
Prouesses techniques
Sous ce disque monumental de 6 hectares (l’équivalent de la place de la Concorde) et 13 000 tonnes, se massent 80 000 spectateurs, voire jusqu’à 100 000 lors d’un concert des Rolling Stones ou autres spectacles gigantesques. La prouesse technique tient également à la polyvalence du Stade de France® : un procédé sur coussin d’air permet à la tribune basse d’être mobile et de convertir le stade au gré des événements en 72 heures. Les championnats du monde d’athlétisme en 2003 ont ainsi rappelé les atouts de ce joyau en termes de polyvalence donc mais également de confort, d’accessibilité (1,5 km depuis le centre de Paris, 9 minutes en transports en commun) et de sécurité.
Trois Grands Chelems... en attendant 2007
Le Stade de France® a logiquement pris la succession du Parc des Princes pour y voir s’affronter les prétendants au Bouclier de Brennus. Quelques mois après une inauguration ponctuée d’une victoire de Zidane et des siens aux dépens de l’Espagne (1-0), le Stade Français de Bernard Laporte franchissait un cap dans son irrésistible ascension en dominant Perpignan (34-7) en finale, la première d’une série qui se poursuit. Ce même Stade Français vient d’établir le record d’affluence pour une rencontre sportive lors de la venue du Stade Toulousain (79500 spectateurs). Pour autant, le Stade de France® n’a pas encore l’aura rugbystique d’un Eden Park ou d’un Twickenham. Question de jeunesse bien sûr mais également de signes relevant de la superstition. Longtemps, le XV de France sembla y manquer de repères, s’inclinant quatre fois de suite lors des Tournois 1999 et 2000 ainsi que face à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande, après une campagne 1998 pourtant ponctuée d’un sans-faute. Il faut attendre les Grands Chelems de 2002 et de 2004 pour que le malaise se dissipe et que les Bleus s’y sentent vraiment chez eux. La lourde défaite face aux All-Blacks à l’automne 2004 (6-45) reste néanmoins l’une des plus tristes soirées du rugby français au Stade de France®. La Coupe du Monde 2007 lui donnera ce supplément d’ « âme ovale ». |